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Examen d’entrée en médecine et dentisterie

Il n’est jamais agréable de céder à un chantage et cela d’autant moins quand ce chantage vous conduit à prendre des décisions qui vont à l’encontre de vos convictions profondes. C’est pourtant , afin d’éviter que des jeunes se voient refuser l’accès à la profession qu’ils ont choisie et pour laquelle ils ont fait 6 ou 7 ans d’études, ce que j’ai été contraint de faire en décidant l’organisation d’un examen d’entrée aux études de médecine et de dentisterie.

Examen d'entrée en médecine et dentisterie

Un point sur l'actualité

Le chantage de Maggie De Block et de l’ensemble du Gouvernement fédéral est d’autant plus inacceptable qu’il bafoue les études scientifiques et l’avis de la Commission de planification composée de professionnels de la santé sur le nombre de médecins nécessaires pour soigner correctement la population. Etudes et Commission pointent en effet la pénurie annoncée de médecins généralistes (surtout en zones rurales) et de certains spécialistes, pédiatres ou gériatres pour ne prendre que deux exemples. Pénurie assurée…en Wallonie et à Bruxelles en tout cas. Cette précision explique peut-être pourquoi cela n’émeut pas la ministre fédérale de la Santé.

Depuis que je suis ministre de l’Enseignement supérieur, je n’ai eu de cesse d’agir pour permettre l’accès du plus grand nombre aux études supérieures. C’est pour cela que j’ai gelé les minervals, que j’ai augmenté les bourses d’études, que j’ai imposé la délivrance des syllabi. C’est pour cela, aussi, que j’étais et que je suis toujours contre tout examen d’entrée, parce que cela ne permet pas aux jeunes qui ont eu une moins bonne formation dans le secondaire de se mettre à niveau.

Mais devant la prise en otage des actuels étudiants en médecine, menacés de ne pas avoir l’attestation Inami qui permet d’exercer « normalement » dans notre système de soins de santé, j’ai été contraint d’accepter cette imposition d’examen d’entrée dont j’espère – sans la moindre certitude – qu’il ne fera pas peser des risques sanitaires sur notre population.

Pourquoi organiser un examen d’entrée en septembre 2017 ?

L’examen d’entrée qui, par définition, limite l’accès à l’enseignement supérieur, n’est pas le modèle que je souhaitais, je l’ai toujours dit. Par principe et conviction, je suis favorable à la liberté d’accès la plus large possible aux études supérieures.
L’examen a été imposé par le Gouvernement fédéral, compétent pour l’octroi des attestations Inami aux médecins et aux dentistes. Sans ce numéro, le patient soigné ne peut bénéficier de l’intervention de l’assurance maladie. Le Gouvernement fédéral, par la voix de sa ministre de la Santé Maggie De Block a opéré un véritable chantage : sans examen d’entrée, aucune garantie de délivrer des numéros Inami. Outre le risque, important, que cela ferait planer sur la santé publique, le chantage de Mme De Block revenait à faire courir le risque à des jeunes de se voir priver l’accès à une profession pour laquelle ils ont étudié six ou sept ans. C’est pour éviter cette prise d’otage de nos futurs diplômés en médecine que je me suis résolu, la mort dans l’âme, à organiser cet examen d’entrée.

Une limitation de l’accès à ces numéros Inami par le fédéral est-elle nécessaire ?

En l’état, elle montre surtout son absurdité. Le Gouvernement fédéral a à sa disposition une Commission de planification, qui doit lui proposer le quota d’attestations qui seront distribuées à la fin de la formation de deuxième cycle en médecine. Ces quotas sont communautaires. Ils sont sensés garantir un nombre de médecins suffisant pour soigner la population. Or, nous constatons des pénuries de plus en plus sévères, singulièrement chez les médecins généralistes. Par ailleurs, pour couvrir leurs besoins en professionnels, nos hôpitaux engagent des diplômés de l’étranger qui, eux, ne sont pas soumis aux quotas imposés à nos jeunes… Il me semble véritablement absurde, alors que nous avons besoin de jeunes pour remplacer les médecins sur le départ, d’imposer un contingentement d’accès à la profession.

Pourquoi ne pas avoir gardé le concours en fin de 1ère année, comme l’année dernière ?

Le concours mis en œuvre en juin 2016 est issu de concertations avec l’ensemble des acteurs (étudiants, doyens de facultés, recteurs). Il avait l’avantage de mettre en œuvre un mécanisme de limitation d’accès tel qu’exigé par le Gouvernement fédéral tout en permettant à tous les étudiants d’accéder aux études de leur choix et de s’acclimater durant un an aux exigences des cursus de médecine et dentisterie.

Le mécanisme établissait un quota à l’issue de la première année, qui se basait lui-même sur le quota fixé par le Gouvernement fédéral. Certains étudiants ont introduit des recours car ils n’étaient pas classés en ordre utile à l’issue du concours. Ils ont eu gain de cause devant le Conseil d’Etat, notamment parce que le quota fédéral s’écartait des données objectives de la commission de planification et qu’il n’était pas suffisamment justifié. C’est donc à cause de la faiblesse de la justification du contingentement fédéral que le concours a été mis à mal. Et c’est sur cette base que le Gouvernement fédéral a exigé une modification du concours en examen d’entrée… A l’absurde s’ajoute ici une couche de surréalisme….

Pourquoi pas un concours d’entrée plutôt qu’un examen d’entrée ?

C’est une autre aberration du Gouvernement fédéral. Celui-ci exige en effet que la Fédération Wallonie-Bruxelles mette en place un examen d’entrée afin de limiter l’accès aux études. De la sorte, il espère qu’il y ait moins d’étudiants dans le cursus et que le nombre de diplômés en fin de deuxième cycle coïncide plus ou moins avec le quota prédéterminé.

Mais le problème d’un examen est qu’il ne fige pas le nombre de lauréats, au contraire d’un concours qui aurait permis de déterminer un nombre de lauréats entrants et d’établir une relation entre le quota d’entrée et de sortie. Cette inadéquation entre l’exigence de l’examen d’entrée et le quota fixe à la sortie a pourtant été soulevée devant le Gouvernement fédéral, en vain …

Faut-il y voir la volonté du Gouvernement fédéral de pouvoir continuer à fixer les attestations sur base de compromis politiques plutôt que sur la base objective du travail de la commission de planification ?

Pour organiser un concours en effet, il faut pouvoir établir de manière objective le nombre d’attestations qui permettent d’avoir accès aux études. Ce travail est fait par la commission de planification qui, dans son dernier rapport au Gouvernement fédéral, a indiqué que pour maintenir la force de travail, il fallait revoir la clé de répartition entre le Nord et le Sud du pays en faveur des francophones (pour la médecine).

Cela veut dire, concrètement, passer d’une clé de répartition Flandre-Wallonie de 60-40 à une clé de répartition 56,5-43,5. Or, le Gouvernement fédéral n’a pas suivi cette recommandation. Il a maintenu la clé 60-40 qui, aux dires de Maggie de Block, Ministre de la Santé, est le résultat d’un compromis politique… qui fait manifestement peu de cas de la santé de tous, au sud du pays, et de l’avenir des étudiants.

Face à un tel positionnement, il devenait difficile d’organiser un concours qui, pour les raisons évoquées ci-dessus, aurait été, en l’état, juridiquement très fragile. Par ailleurs, le Gouvernement fédéral a clairement indiqué qu’il souhaitait un examen d’entrée sur le modèle flamand… qui montre pourtant de sérieuses limites !

Une seule session pour cet examen d’entrée, en septembre ?

Une exigence supplémentaire du Gouvernement fédéral est que le mécanisme de l’examen d’entrée soit juridiquement fiable. Cela paraît évident mais n’en est pas moins un comble quand on sait pourquoi le concours en fin de première a été mis à mal…

Il y a donc lieu d’assurer la plus grande sécurité juridique du dispositif. Pour ce faire, organiser une seule épreuve réduit le risque de recours qui se baseraient sur d’éventuelles différences d’exigence ou de traitement d’une épreuve à l’autre. Il est en effet inimaginable de procéder au même examen en juin et en septembre.

Par ailleurs, il faut tenir compte de situations de publics particuliers tels les élèves issus de l’enseignement secondaire qui ont des secondes sessions à présenter en fin du mois d’août ou les étudiants « non-résidents » qui obtiennent leurs équivalences de diplômes courant du mois de juillet et introduisent des dossiers relatifs à leur caractère « non-résidents » à la mi-août. Organiser l’examen avant cette date ne leur aurait pas permis d’y participer et les aurait privés d’un droit. Qui plus est, l’organiser à la fin des vacances d’été laisse un temps de préparation supplémentaire aux étudiants. A cet égard, je vais demander aux universités d’organiser des séances dédicacées à la préparation de cet examen.

On peut aussi noter que le concours organisé à l’issue de la première année de premier cycle ne l’était également qu’une seule fois.

Par ailleurs, de manière pragmatique, il faut aussi tenir compte du fait que le concours, dont le mécanisme n’a pas été annulé par le Conseil d’Etat et qui continue à produire ses effets en 2017, sera organisé en juin 2017. Cette organisation nécessitera également une grande préparation de la part des facultés concernées et les doyens nous ont indiqué qu’il était souhaitable, pour cette première année de mise en œuvre, de ne l’organiser qu’une fois.

Pour les années ultérieures, et sur base de l’avis des principaux acteurs concernés (étudiants, doyens, recteurs, ARES), la situation pourra être revue et adaptée.

Un examen centralisé ?

Dans le même objectif de sécurité juridique, organiser l’événement au même endroit et au même moment pour tous les candidats garantit que tous se trouvent dans les mêmes conditions pour le présenter. Cette centralisation permet donc de limiter le nombre de recours juridiques qui fragiliseraient le dispositif.

Pour l’organisation en septembre 2017, l’avant-projet de décret prévoit que l’examen ne sera centralisé que sur proposition de l’ARES. L’ARES assurant l’organisation matérielle du dispositif, c’est elle qui proposera au Gouvernement la centralisation ou non de l’examen.

Pourquoi ne pas laisser l’opportunité à l’étudiant de se préparer en organisant deux fois l’examen ?

Nous avons expliqué plus haut les raisons qui ont amené à n’organiser qu’un seul examen en septembre, à tout le moins pour l’année académique 2017-2018. Les étudiants disposeront de 3 mois supplémentaires pour se préparer. Par ailleurs, la plateforme de l’ARES mettra à disposition des étudiants les épreuves des tests d’orientation en médecine des années précédentes.

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