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À la tribune du Parlement

Paysage de l’enseignement supérieur : implémentation et suivi

Ce mardi 25 octobre 2016, j’étais interrogé en Commission de l’Enseignement supérieur du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles sur l’évaluation de la Réforme Paysage et de ses décrets, sur l’évolution potentielle des taux de réussite dans l’enseignement supérieur, le surcroît de travail engendré par la conception des programmes annuels des étudiants ou encore la transversalité de l’évaluation des activités d’apprentissage.

Retrouvez ma réponse ci-dessous:

Un comité de suivi du Décret a été créé dès la législature précédente. Il réunit des représentants des Hautes Ecoles, des Ecoles Supérieures des Arts, des Universités, de l’Administration, des Commissaires et Délégués du Gouvernement, de l’ARES, des Organisations Syndicales, des Etudiants et de mon Cabinet. Les rencontres se déroulent en moyenne trois fois par année académique pour aborder les questions d’interprétations liées au décret paysage et à ses amendements, ainsi qu’aux difficultés liées à son application. Ce Comité de suivi est un réel espace de dialogue entre tous les acteurs de notre enseignement supérieur.

Lors de ses premiers travaux, les questions étaient nombreuses. Elles concernaient des difficultés partagées par la plupart des établissements  d’enseignement supérieur. Elles ont d’ailleurs elle-même amené à différentes corrections qui ont été présentées dans les deux décrets portant diverses mesures que votre Parlement a soutenu. Aujourd’hui,  les questions se font plus rares et se focalisent sur des cas isolés ou des problèmes ponctuels concernant peu d’étudiants.

L’évaluation de la réforme est donc en cours de façon continue. L’ensemble des acteurs a la possibilité de faire remonter vers le cabinet ses préoccupations.

La machine est donc en route, quelques rodages restent nécessaires mais la vitesse de croisière sera bientôt atteinte.

Vous me demandez l’évolution du nombre de secondes sessions ces trois dernières années : je ne dispose pas aujourd’hui de ces chiffres mais il me semble opportun de me livrer avec vous à différentes réflexions à cet égard.

De nombreux étudiants se plaignent aujourd’hui de ne plus être délibérés ; par ailleurs, les jurys signalent que le décret leur a retiré cette prérogative de la délibération. Certains d’entre eux ne joueraient plus qu’un rôle de notaire en actant les notes obtenues par l’étudiant. Il m’importe de rappeler qu’il est du devoir et de la responsabilité du jury d’examiner les résultats acquis individuellement par chaque étudiant. Le décret leur offre la possibilité de considérer qu’un déficit dans une Unité d’Enseignement est acceptable et valider l’ensemble des crédits obtenus par l’étudiant.

J’ai attiré l’attention des autorités académiques sur cette dérive difficilement explicable et j’espère que, là où ce n’était plus le cas, les jurys retrouveront pleinement leur rôle d’autorité délibérant ainsi sur le programme de l’étudiant et les compétences qu’il a acquises.

Comme je l’ai déjà exprimé à de nombreuses reprises : le décret « Paysage » n’a retiré aucune prérogative aux jurys et ce n’est pas la faute au décret si le jury décide souverainement de ne pas octroyer tel ou tel crédit !

Par ailleurs, ce qui sera intéressant d’étudier, plus que l’évolution du nombre d’étudiants ayant des épreuves à présenter en seconde session,  c’est l’évolution, à l’issue de l’année académique, des taux de réussite et de voir si l’on constate, ou non, un allongement de la durée des études. En effet, la modularisation des programmes pourrait amener à ce que nos étudiants établissent des stratégies visant l’acquisition de certains crédits en première session et d’autres en seconde session.

Pour assurer ce suivi, le projet « e-paysage » qui est en cours de construction et qui vise à construire une banque de données unique nous sera d’une grande utilité.

Pour l’instant nous ne disposons que d’informations partielles, ce qui n’est pas suffisant si l’on veut analyser sérieusement et utilement les résultats obtenus dans nos EES. Je fonde donc de nombreux espoirs sur ce nouvel outil.

J’ai également noté le surcroît de travail engendré par la conception des programmes annuels des étudiants que rapportent les établissements. Je ne conteste pas ce phénomène inhérent aux modifications des parcours étudiants, mais permettez-moi de rappeler que de telles tâches existaient auparavant sous le régime de Bologne, lorsque, par exemple, l’étudiant était amené à opérer des choix d’options ou lorsqu’il avait une réussite à 48 crédits. Aujourd’hui, il importe que chacun prenne la mesure de la réforme portée par le décret « Paysage » et que les programmes soient conçus par les équipes pédagogiques en tenant compte de la modularisation. Toute modification entraînant des difficultés d’implémentation.

J’ai mis en place un groupe de travail qui planche actuellement sur l’évaluation de la charge de travail des membres du personnel, notamment dans les hautes écoles et j’attends ses propositions.

Enfin, vous m’interrogez quant à la transversalité des Activités d’Apprentissage. Nous en avons déjà débattu au sein de cette commission et il est important de rappeler que la transversalité des activités d’apprentissage est une des clés de la conception des Unités d’Enseignement.

L’objectif de l’intégration des différentes activités au sein d’une Unité est de faire du lien entre les matières enseignées. Si l’unité d’enseignement est construite sur cette base, cette dynamique ne peut qu’être porteuse d’une plus-value pédagogique.

Je rappelle qu’une Unité d’Enseignement peut être composée d’une seule Activité d’Apprentissage si aucune relation ne peut être établie avec d’autres activités d’apprentissage. Par ailleurs, je continue à m’interroger sur les pratiques de certains jurys appliquant une cote englobante, c’est-à-dire en accordant à l’UE la cote la plus basse obtenue pour une AA. Une telle pratique est dépourvue de sens pédagogique et a évidemment des effets néfastes pour les étudiants.

Il s’agit ici de la responsabilité de certaines équipes pédagogiques qui, parfois, utilisent la réforme non au profit des étudiants mais contre ceux-ci, ce qui est évidemment inacceptable et totalement contraire à l’esprit et à la philosophie du décret !

Là où le travail a été fait sérieusement, la valorisation des crédits afférents aux unités d’enseignement est une véritable avancée au profit des étudiants.

J’invite donc, une nouvelle fois, les établissements à s’approprier l’esprit de la réforme et à le faire percoler jusque dans la conception de leurs programmes et de leurs évaluations.

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