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À la tribune du Parlement

Réforme de la formation initiale des enseignants : évolution et précisions

La réforme de la formation initiale des enseignants constitue un projet complexe et d’envergure, initié en 2011 et qui se poursuit depuis lors dans une démarche participative. Je faisais un point sur l’évolution du dossier ce mardi 21 février en Commission Enseignement supérieur  au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

La réforme de la formation initiale des enseignants est l’une des plus attendues de cette législature. Elle est appelée des vœux de la plupart des acteurs de l’enseignement obligatoire et de l’enseignement supérieur car elle répond à un véritable besoin d’amélioration de la qualité de notre système éducatif par un renforcement du savoir-faire et de l’engagement des futurs enseignants. A cet égard, les travaux ont été menés en parfaite cohérence avec les travaux du Pacte d’excellence, de manière à préparer les enseignants aux mesures envisagées pour les années à venir.

C’est un projet d’envergure et d’une grande complexité que je pilote depuis 2011 et qui est aujourd’hui dans sa phase finale.

J’envisage en effet de déposer un avant-projet de décret sur la table du Gouvernement dans les prochaines semaines. C’est un projet pour lequel nous avons pris le temps nécessaire pour élaborer, dans un climat de dialogue et de co-construction entre tous les opérateurs de formation, un modèle de formation qui s’inscrit pleinement dans les engagements de la Déclaration de politique communautaire, autrement dit un modèle en 4 ans qui constitue une étape pour le passage à 5 ans.

Quels changements majeurs seront apportés par la réforme ?

Tout d’abord la structure de la formation des enseignants.

Pour enseigner aux élèves âgés de 2 ans et demi à 15 ans, les futurs enseignants devront désormais se former pendant quatre années : 3 années de bachelier de transition suivies d’une année de master de 60 crédits. Grâce à un master de spécialisation de 60 crédits, les enseignants pourront poursuivre leur formation afin de bénéficier d’un plus large champ de compétences quant au niveau d’enseignement et aux disciplines enseignées.

Pour enseigner aux élèves âgés de 15 ans à 18 ans (âge théorique), un cursus composé de trois années de bachelier en enseignement et de deux années de master en enseignement sera requis. L’actuel master à finalité didactique sera donc appelé à disparaître. En revanche, l’agrégation réservée aux détenteurs d’un grade académique débouchant sur une fonction d’enseignant sera maintenue et portée à 60 crédits.

Deuxièmement, il sera proposé que l’accès à la formation d’enseignant soit soumis à la présentation d’une épreuve non contraignante de maîtrise du français. Les résultats de ce test, obligatoire à l’inscription, ne pourront pas empêcher un étudiant de s’engager dans le parcours de formation mais l’étudiant aura l’opportunité de suivre des remédiations lui permettant d’atteindre les compétences attendues.

Troisièmement, l’étendue des compétences des enseignants.

Afin d’assurer une meilleure continuité des apprentissages à travers le parcours scolaire des élèves, le GT4O avait imaginé, en s’appuyant sur l’idée d’un cursus en 5 ans, un recouvrement partiel des compétences des enseignants grâce à un tuilage des « sections ». Dans le modèle en construction, le recouvrement serait, naturellement, moins important à l’issue de la formation en 4 ans et s’élargirait au terme d’un master de spécialisation, ce qui devrait notamment participer à le rendre attractif.

Quatrièmement, les compétences disciplinaires des enseignants.

Si les enseignants des élèves de 2ans et demi à 12 ans resteront des généralistes capables d’enseigner quasi toutes les disciplines, il sera demandé aux enseignants du primaire de choisir une famille de disciplines dans laquelle il bénéficiera d’une formation renforcée qui, outre l’intérêt que constitue en soi cet approfondissement disciplinaire, s’inscrit dans la perspective d’une éventuelle extension, grâce à un master de spécialisation, vers la 1ère et la 2ème secondaire. Le même principe sera appliqué aux enseignants de l’enseignement secondaire inférieur à l’égard d’une discipline qu’ils pourraient enseigner en 4ème secondaire grâce au master de spécialisation.

Dans le registre des compétences disciplinaires des enseignants, il faudra aussi noter un élargissement des familles de disciplines dans le but de permettre aux enseignants de pratiquer davantage l’interdisciplinarité, d’assurer un meilleur suivi des élèves, de répondre à la pénurie d’enseignants dans certaines disciplines comme les langues modernes, les mathématiques et les sciences et enfin de rendre le métier plus attractif par un regroupement de la charge dans un nombre plus restreint d’établissements.

Enfin, le cursus des étudiants se déroulera, quel que soit l’âge des élèves auquel il se destine, pour partie en Haute Ecole et pour partie à l’Université ou dans un établissement d’enseignement supérieur artistique, le but étant de mettre l’expertise de chaque opérateur de formation au profit d’une formation renforcée tant sur le plan disciplinaire que pédagogique. Les établissements seront toutefois appelés à élaborer les conventions de codiplômation en veillant à ce que les étudiants ne soient pas confrontés à des problèmes de mobilité trop importants.

S’agissant de la formation des formateurs, il est envisagé de créer un master de spécialisation en formation d’enseignants qui sera requis pour les enseignants des Hautes Ecoles qui aborderont les matières liées à la didactique, à la pédagogie et à la formation à et par la pratique.

Quant à la question de l’impact barémique, s’il paraît inconcevable qu’un renforcement et un allongement de la formation ne puisse pas se traduire par une valorisation salariale, rien n’est encore fixé à ce jour. Le Gouvernement souhaite se donner un peu de temps avant d’entamer les négociations, compte tenu du fait que la mise en œuvre du décret est prévue pour septembre 2019 et que, dès lors, les premiers enseignants diplômés en quatre ans ne se présenteront sur le marché de l’emploi qu’en septembre 2023. Pour autant, cette aspect de la réforme est également discuté afin, notamment, d’analyser la soutenabilité budgétaire d’une hausse des dépenses de rémunération. À ce stade, rien n’indique que cette soutenabilité budgétaire ne pourra être atteindre.

Concernant le financement de la formation initiale, la proposition de financement sera déposée au Gouvernement en même temps que le reste de la réforme. Il me semble qu’elle doit nécessairement s’accompagner d’une revalorisation des enveloppes de financement, revalorisation dont le montant dépendra in fine du nombre d’étudiants dans le cursus. Les mécanismes de financement seront également adaptés aux codiplômations organisées par les Universités et les Hautes Écoles.

Plus précisément, au sujet de la formation aux TIC, une précision s’impose. Il n’appartient pas au Gouvernement wallon d’entreprendre une réforme de la formation initiale des enseignants. Cette question entre dans les compétences du Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Des actions sont toutefois entreprises avec le Gouvernement wallon, en synergie avec la Fédération Wallonie-Bruxelles, à travers le Plan numérique et plus particulièrement les projets dits « tandem ». Ces projets appellent les catégories pédagogiques des Hautes Ecoles et les écoles d’enseignement obligatoire à s’associer pour développer des outils favorisant l’intégration du numérique dans les pratiques de classes. Il va sans dire que ce type de partenariat vise le développement d’une culture numérique non seulement chez les enseignants de l’enseignement obligatoire mais aussi chez les étudiants en formation, impliqués dans le projet.

En ce qui concerne plus particulièrement le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le Groupe de travail chargé de formuler des propositions pour la réforme de la formation initiale des enseignants a intégré dans sa réflexion la nécessité de développer chez les futurs enseignants des compétences relatives au numérique. Dans les contenus d’enseignement envisagés dans le cadre de cette réforme figurent l’éducation aux médias et les technologies de l’information et de la communication, ainsi que le développement de la littératie numérique et l’initiation aux sciences informatiques.

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