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Réponse au courrier du Conseil des Recteurs concernant la réforme de la formation initiale des enseignants

3 juin 2016

 

Monsieur le Président,

 

Votre courrier de ce 31 mai a retenu ma meilleure attention.

La réforme de la formation initiale des enseignants est un dossier majeur et je veux remercier d’emblée les Recteurs d’y réserver un peu de leur temps, que je sais précieux.

Tant les recherches menées dans nos universités que les études internationales (OCDE, Mc Kinsey, THALYS…) convergent toutes vers le constat que la qualité des enseignants est l’un des facteurs clés permettant d’expliquer la différence de niveau entre les élèves des différents pays. L’efficacité d’un système scolaire reposerait donc, en grande partie, sur ses enseignants et notamment sur la qualité de leur formation. C’est dire si la réforme de la formation initiale des enseignants constitue sans doute l’une des principales pierres angulaires pour l’amélioration de notre système éducatif.

Personne, me semble-t-il, ne peut contester qu’il est essentiel que les personnes responsables de l’éducation des générations futures soient dotées des compétences leur permettant de répondre aux défis nouveaux, croissants et complexes qui se posent à l’école d’aujourd’hui et sans doute plus encore à celle de demain. La mobilité accrue des personnes, des biens et des connaissances entraîne de profondes mutations sociétales telles que la diversification et la multiplication des sources d’information, l’évolution du rapport des élèves aux enseignants, au savoir et à l’autorité, la nécessité de construire une culture commune bâtie sur des valeurs de respect mutuel et de solidarité.

Face à de tels défis et devant la complexité du dossier, j’ai souhaité avancer pas à pas, en écoutant les acteurs, à commencer par les enseignants eux-mêmes. J’ai demandé également, sans ignorer les contingences matérielles, que soient dessinés les contours d’une formation initiale ambitieuse et audacieuse qui répondent aux enjeux évoqués ci-dessus.

Comme vous le savez, les travaux relatifs à la réforme ont été entamés au cours de la législature précédente par une évaluation qualitative de la formation initiale menée par une équipe de l’une de nos Universités, l’Université Saint-Louis. A toutes fins utiles, je me permets de vous (re)communiquer les résultats de cette étude dont les conclusions sont éclairantes à plus d’un titre quant à la nécessité de revoir et d’amplifier la formation initiale des enseignants.

Dans le souci d’inscrire la réforme dans une dynamique participative, un Comité de Suivi de la réforme a été créé, réunissant toutes les composantes du monde éducatif, dont des représentants des universités – éminents spécialistes faisant autorité en la matière – que vous aviez désignés.

Au cours de cette législature, le Gouvernement s’est engagé à poursuivre les travaux. Le Comité de Suivi a demandé à un groupe technique, le groupe des quatre opérateurs d’enseignement supérieur (les Universités, les Hautes Ecoles, les Ecoles supérieures des arts et l’Enseignement de Promotion sociale) de lui remettre des propositions. Après plus de deux ans de travail, au sein de ce GT4O, un consensus s’est dégagé autour de certains principes tels que celui d’une même réforme pour un même métier d’enseignement tout au long du cursus scolaire, celui du renforcement par l’allongement de la formation, celui du recouvrement des filières, celui des 6 axes de formation communs, celui de la codiplômation, celui du profil varié des formateurs d’enseignants, celui de l’instauration d’un master de spécialisation dans le domaine de la formation des enseignants, etc. Sur ces principes, il me serait précieux de connaître plus avant le point de vue des Recteurs, au-delà des éléments factuels que vous évoquez dans votre courrier et qui sont, pour certains, contestables, et, pour d’autres, révoqués par les résultats de la recherche scientifique depuis un certain temps déjà. A toutes fins utiles, je vous (re)communique le rapport du GT4O.

Comme vous le savez, les membres de ces groupes de travail, notamment les représentants des Universités, n’ont pas ménagé leur temps et leur peine pour dégager les contours d’une formation initiale ambitieuse et je tiens à les en remercier sincèrement. A chaque étape, ils ont analysé les difficultés, examiné les alternatives, développé les arguments et les réponses aux interrogations dont certaines sont relayées dans votre courrier.

Je ne doute pas qu’ils auront à cœur de poursuivre le dialogue constructif et participatif que nous avons initié ; c’est pourquoi je me propose de leur transmettre votre courrier afin qu’ils puissent l’examiner et, le cas échéant, y apporter l’un ou l’autre éclaircissement.

Je transmets également votre courrier à l’ARES afin que l’ensemble des acteurs de notre enseignement supérieur puissent prendre connaissance de l’avis des Recteurs et qu’elle me fasse part, le cas échéant, de ses observations sur cet avis ainsi que sur celui du GT4O.

A la lecture de votre courrier, il apparaît que la principale difficulté que vous pointez porte sur la faisabilité budgétaire de la réforme. C’est une dimension qui n’a laissé personne indifférent et qui devra, bien évidemment, être prise en considération lors de l’implémentation de la réforme. Au-delà de cette question qu’il appartiendra au Gouvernement d’arbitrer, j’aurais aimé connaître également la position et les suggestions des recteurs quant à la corrélation entre la formation initiale des enseignants d’une part et la formation des élèves au terme de l’enseignement secondaire d’autre part, formation si souvent décriée et jugée insuffisante par les Universités qui les accueillent.

Restant à votre entière disposition, je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Jean-Claude MARCOURT

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