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À la tribune du Parlement

Un point sur la réforme de la formation initiale

Ce mardi 25 octobre 2016, j’étais interrogé en Commission Enseignement supérieur du Parlement de la Fédération-Wallonie Bruxelles sur la réforme de la formation initiale des enseignants.

Retrouvez ma réponse ci-dessous:

Le principe directeur de la réforme de la formation initiale est avant tout le respect des engagements pris dans la Déclaration de Politique Communautaire, à savoir : porter la formation initiale des enseignants, à terme, à 5 ans et au cours de cette législature, à 4 ans. Par ailleurs, les propositions du GT4O restent la base à partir de laquelle doit se construire la réforme.

Les travaux se poursuivent actuellement dans un climat de dialogue et de co-construction entre tous les opérateurs de formation. La concertation d’experts, la réactivation du GT4O, les avis du Comité de suivi convergent vers un même objectif, l’élaboration d’un modèle en 4 ans qui constitue une étape – et non un obstacle – pour le passage à 5 ans (pour lequel aucune échéance n’est fixée à ce jour).

Dans l’état actuel de la réflexion, il s’agirait de rendre obligatoire, pour les filières 1, 2 et 3 (comprenant les élèves de 2,5 ans à 15 ans), une formation en 4 ans constituée d’un bachelier de transition et d’un master en 60 crédits. Ce grade académique pourrait être complété par un master de spécialisation en enseignement. Pour la filière 4 (comprenant les élèves de 15 ans à 18 ans), un cursus en 5 ans de 300 crédits serait maintenu.

Je me permets de rappeler que le but de cette réforme est le renforcement de la formation et la revalorisation du métier que les évaluations du CEF, de l’AEQES, de l’Université Saint-Louis et du Pacte pour un Enseignement d’Excellence, ainsi que plusieurs évaluations internationales, ont pointé comme étant l’un des plus importants leviers pour l’amélioration du système éducatif.

Les travaux du Pacte, en ce compris ceux concernant plus particulièrement la formation continue, et les travaux au sujet de la réforme de la formation initiale sont menés en parallèle et dans une parfaite cohérence. Les échanges entre les membres du Groupe central et ceux du GT4O et du Comité de Suivi sont nombreux et fréquents. Il n’est en effet pas possible de mener à bien un chantier tel que celui du Pacte sans envisager une réforme de la formation des enseignants, comme il n’est pas envisageable de réfléchir à une réforme de la formation initiale des enseignants sans tenir compte des orientations prises dans le Pacte.

Dans ses propositions, le GT4O s’appuyait sur un cursus en 5 ans pour assurer, grâce à un tuilage des filières, un recouvrement partiel des compétences des enseignants. Il ne serait pas raisonnable d’imaginer pouvoir former les enseignants en 4 ans comme ils l’auraient été en 5 ans. Des choix doivent être faits. Ainsi, dans le nouveau modèle, le recouvrement serait moins important à l’issue de la formation en 4 ans et s’élargirait au terme du master de spécialisation, ce qui devrait notamment participer à le rendre attractif. Le découpage définitif des filières est toujours en réflexion.

Le décret sera déposé sur la table du Gouvernement dans les mois qui viennent. Je suis toutefois conscient du bouleversement qu’il va occasionner dans les institutions d’enseignement supérieur. C’est la raison pour laquelle je n’envisage sa mise en vigueur que pour la fin de cette législature afin de donner le temps aux opérateurs de formation de se préparer à la mise en œuvre de la réforme.

Pour les y aider, dès 2017, un montant sera réservé à du personnel supplémentaire pour soutenir les établissements dans l’appropriation du nouveau modèle, dans la construction les programmes et dans l’organisation des cursus. De cette manière, sans compter sur un possible étalement des parcours, on peut compter que les premiers enseignants pour les filières 1, 2 et 3, formés en 4 ans, entreront dans les écoles en 2023 tandis que les enseignants pour la filière 4, ainsi que les premiers détenteurs d’un master de spécialisation, pourront être engagés à partir de 2024.

Au sein du Comité de Suivi, une unanimité s’est dégagée en faveur de l’organisation d’une épreuve non contraignante de maîtrise du français. Les résultats de ce test, obligatoire à l’inscription, ne pourront pas empêcher un étudiant de s’engager dans le parcours de formation mais l’étudiant devra suivre des remédiations qui l’aideront à réussir le test, condition indispensable pour pouvoir poursuivre le cursus.

La reconversion professionnelle vers l’enseignement est possible depuis longtemps pour les enseignants de la filière 4 grâce à l’agrégation de l’enseignement secondaire supérieur. Le décret titres et fonctions étend cette possibilité de reconversion à un plus large panel de candidats et pour un plus grand nombre de fonctions puisqu’il fait du CAP, un titre pédagogique valable pour l’exercice de fonctions à tous les niveaux de l’enseignement, du fondamental au secondaire supérieur. Afin de maintenir l’objectif de renforcement fixé pour la réforme de la formation initiale des enseignants, nous devons veiller, tout en continuant à encourager la reconversion professionnelle vers l’enseignement, à ce que ce CAP ne devienne pas une filière concurrentielle pour la formation initiale des enseignants. Nous y travaillons.

L’alternance entre les enseignements délivrés en institution et les mises en situation professionnelle sont au cœur de la formation des enseignants, car elle permet d’intégrer les savoirs théoriques aux pratiques pédagogiques et de développer une pensée réflexive. C’est la raison pour laquelle, le GT4O a prévu de renforcer l’axe de la formation à et par la pratique, ainsi que les stages. L’enseignement en alternance en tant que tel a été envisagé par le GT4O. Il n’a pas été complètement exclu, notamment pour ce qui concerne les enseignants qui seront en fonction à l’entrée en vigueur du décret et qui seraient désireux d’obtenir un master. Il n’a toutefois pas été davantage développé par le GT4O qui a relevé un certain nombre de difficultés dans sa mise en œuvre.

Il faut distinguer le coût d’un allongement du cursus d’une part et l’impact d’une revalorisation barémique des enseignants d’autre part.

Pour la formation, on estime l’impact d’un allongement d’une année à 15.000 millions d’euros. En revanche, pour ce qui concerne le master de spécialisation, il est difficile aujourd’hui d’estimer combien d’enseignants et à quel moment ils décideront de s’y inscrire, de la même manière que nous ignorons le coût budgétaire de la mise à niveau des enseignants qui seront en fonction à l’entrée en vigueur du décret.

Pour l’impact barémique, il paraît difficile de concevoir qu’un renforcement et un allongement de la formation ne puisse pas se traduire par une valorisation. Par ailleurs, pour rendre le master de spécialisation attractif, une tension suffisante doit être maintenue entre le barème au terme de la formation en 4 ans et le barème au terme de la formation en 5 ans. Ces négociations auront lieu entre le Gouvernement et les partenaires sociaux en temps utile et dans les instances prévues à cet effet.

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